Former sans exclure

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Actualité | Mise à jour : 10.07.2010

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La Lettre de Former sans exclure, N°13 | pdf

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Ecole et difficultés scolaires au Japon | pdf

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L'école allemande ne joue pas son rôle d'ascenseur social, dans le Temps du 10 juillet 2010

Nulle part ailleurs qu'en Allemagne l'origine sociale n'est à ce point décisive dans l'orientation scolaire. Une étude vient de confirmer que les enfants des milieux défavorisés ont moins de chances d'accéder au gymnase.

La vie des petits Allemands se décide en 4e classe, à 10 ans, au moment du choix d'une voie pour le secondaire. La moitié des parents souhaite un gymnase pour leur enfant. Mais tout dépendra de l'origine sociale de l'élève: une étude, publiée fin juin par l'institut IPN de Kiel, rappelle qu'en Allemagne, à compétences égales, un enfant ayant un parent diplômé de l'enseignement supérieur a quatre fois et demie plus de chances qu'un enfant d'ouvrier de fréquenter la voie royale vers l'ascension sociale qu'est le gymnase. En Bavière, le Land champion des inégalités sociales par l'école, la proportion atteint même le taux de un à quatorze! (...)

"L'école allemande est source d'égalités et d'inégalités sociales, constate Olaf Köller, responsable de l'étude au sein de l'institut IPN de Kiel. Lorsqu'un enfant issu des milieux défavorisés arrive au gymnase, ses chances de réussite y sont aussi bonnes que celles des enfants issus des milieux privilégiés. Mais cet enfant a beaucoup moins de chances d'accéder au gymnase."

L'OCDE attirait pour la première fois en 2003 l'attention sur cette spécificité allemande: nulle part ailleurs au sein des pays membres de l'organisation, un enfant issu d'une famille d'ouvrier n'a aussi peu de chances de grimper les étages de l'ascenseur social qu'en République fédérale. "Tout un ensemble de facteurs explique ces mauvais résultats, estime le sociologue Michael Hartmann, de l'Université de Darmstadt. Cela commence dès avant l'école, avec le jardin d'enfants. La qualité de l'encadrement y est insuffisante et il y a trop peu de places. Du coup, le jardin d'enfants ne permet pas de compenser, avant l'entrée à l'école, les déficits qui peuvent exister au sein de la famille. D'autre part, la sélection à partir de 10 ans aggrave les inégalités. En moyenne, seuls 40% des enfants d'une classe d'âge passent le baccalauréat. Les classes moyennes et supérieures luttent pour le maintien de la sélection à 10 ans, au nom de l'idée que ceux qui travaillent bien apprennent ainsi mieux. Mais aussi pour améliorer les chances de leurs propres enfants sur le marché du travail!" De fait, nulle trace en Allemagne de l'extrême pression à la réussite qui pèse sur les lycéens français ou japonais, où respectivement 60 et 90% d'une classe d'âge accède au baccalauréat: un lycéen allemand est quasiment assuré d'accéder à l'université.

"Les parents des milieux défavorisés se battent moins pour l'entrée au gymnase, constate Volker Müller-Benedict, de l'Université de Flensburg. Lorsqu'un enfant défavorisé de 10 ans est à la limite entre Realschule et gymnase, ses parents suivront la recommandation des enseignants, et l'orienteront vers la Realschule. Dans le même cas, les parents de milieux privilégiés feront pression pour l'orientation vers le gymnase, et soutiendront l'élève à coups de cours particuliers pour qu'il réussisse. Ces parents prendront le risque d'un échec scolaire pour que leur enfant ne subisse pas de déclassement social. Un enfant d'ouvrier qui a des notes moyennes en Realschule a réussi, aux yeux de ses parents, à maintenir son niveau social…" (...)

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